mercredi 15 avril 2020

BOTANIQUE : LES CISTES

Premiers jours d’avril, les grappes de lilas sortent des bourgeons mais ce n’est pas encore le temps de faire des bouquets !
Dans mon jardin, les cistes eux commencent leur floraison étagée.
Le ciste cotonneux, cistus albidus, ou ciste blanc, ouvre  chaque jour de plus en plus de jolies fleurs roses  aux pétales chiffonnés visités par les abeilles qui y font moisson de pollen. Abeilles domestiques, reconnaissables à leurs corbeilles bien remplies mais aussi  beaucoup d’autres hyménoptères.
Le ciste à feuilles de sauge, cistus salviifolius, le suit de très près avec sa floraison blanche. Ses fleurs sont plus petites, leurs pétales lisses, moins étalés. Ce qui le rend plus vulnérable à la cétoine « drap mortuaire » grise à points blancs qui friande de pollen, détruit ses fleurs très rapidement.
Pour cette cétoine qui va s’attaquer aux roses, aux iris…un seul moyen de lutte celui que nous avons pratiqué pour le doryphore ( les supprimer un à un). C’est fastidieux mais  c’est préférable au pesticide.
Le ciste de Montpellier, cistus monspeliensis,  prépare sa floraison. Elle aussi sera blanche à fleurs plus petites et plus nombreuses que celle du ciste à feuilles de sauge. C’est un ciste à feuilles étroites, collantes. C’est par bouture que j’ai pu  le reproduire car c’est un ciste de bord de mer qui n’est pas originaire de notre garrigue comme les deux premiers.
Puis viendront les floraisons des cistes achetés en  jardinerie. le cistus crispus, ciste aux fleurs pourpres, chiffonnées, et  le cistus purpureus, ciste pourpre, aux fleurs roses avec macules pourpres..
Et le dernier à fleurir, le Cistus ladaniferus, le plus beau, mon unique ciste à gomme dont j’ai jusqu’à ce jour raté le bouturage.  Fleurs blanches très grandes,  maculées de taches marron foncé il est aussi appelé ciste espagnol. C’est celui que nous avions vu au Domaine du Rayol. Ciste des parfumeurs  qui à partir de ses feuilles collantes et velues, recouvertes d’une résine très parfumée, le labdanum ou ladanum, vont faire un parfum et un produit contre les rides !!
Mais ce ciste est aussi une plante médicinale connue dès l’Antiquité pour ses vertus, cicatrisante et hémostatique, et aujourd’hui dont on tire une huile essentielle qui régulerait les défenses naturelles du corps.
Les Grecs et les Romains considéraient la résine du ciste à gomme comme une essence sacrée comme l’encens, la myrrhe ou le benjoin.
Son pollen est aussi très riche en vitamine D.
Pour terminer,  les cistes  faisaient partie de la famille des cistacées ou cistinées, à présent  ce serait des malvales ?
Ils ont 5 pétales égaux mais 5 sépales inégaux. C’est cette particularité qui nous fait reconnaître deux plantes, les hélianthèmes et les fumanas  comme appartenant à cette famille.
Ils sont pyrophytes donc très inflammables et ne se reproduisent qu’après les incendies. Mais ils ne sont pas gourmands en eau…
Texte : Renée

Ciste Albidus

Ciste Salviifolius

Cétoines "drap mortuaire"

Fleurs de cistes

Sépales de cistes


BOTANIQUE : le pastel

Confinement ! plus de sortie botanique… mais profitons-en pour parler un peu de nos plantes, par exemple de l’Isatis tinctoria.
Actuellement, sur les bas-côtés des autoroutes vers  Aix ou Marseille, sans oublier dans nos jardins, elle commence à  épanouir ses panicules jaunes.
 Connue sous les noms de Pastel des teinturiers, Guède, herbe du Lauragais cette plante envahissante, mellifère,  fit la richesse du Midi de la France, bien qu’on la semât partout en France et en Europe (sauf en Angleterre !).
Son colorant l’indigotine obtenu après fermentation est connu  3 siècles avant JC pour la belle couleur bleu qu’il procure.
Mais il sera concurrencé en 1498 par le pouvoir colorant 30 fois plus fort des plants de l’Indigofera (l’Indigo), après que la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama ait  rendu celui-ci  abordable. Auparavant c’était un produit pour les riches dont  les Vénitiens faisaient commerce en provenance de Perse.
Le commerce de l’Isatis tinctoria  fut défendu par tous les gouvernements qui prélevaient dessus de fortes taxes, on ne permit qu’un petit ajout d’indigo dans la cuve de fermentation  de l’Isatis, pour en aviver le bleu.
Mais avec l’esclavage, la production de l’Indigo augmenta dans les Pays chauds et son prix diminua. Son usage devint libre en 1737. Elle supplanta alors le Pastel.
L’essai de retour de l’Isatis Tinctoria lors de l’époque napoléonienne (1811 blocus continental), fut de courte durée.
Sur les routes du Lauragais  (région du Sud-Ouest)  dont il fit la fortune, on peut lire de petits panneaux  d’information « le Pays de cocagne », illustré par une plante d’Isatis tinctoria. Mais qui connait les cocagnes ?
Les cocagnes étaient les boules malaxées de la plante d’Isatis Tinctoria, qui se vendaient à prix d’or pour  faire la teinture bleu pastel.
A Auriol nos archives parlent de moulins à blé, à huile, à recence, à tan…à poudre à canon,  mais pas de moulin à pastel, moulin pastellaire à main ou à sang (mus  par un animal), pour écraser les plantes d’Isatis à fin d’en extraire la pulpe qu’il fallait faire égoutter avant de la malaxer en boules grosses comme le poing  que l’on devait faire sécher( les cocagnes).
Et le travail ne s’arrêtait pas là.
Le teinturier devait concasser ses cocagnes pour obtenir de la poudre qu’il mettait dans une cuve de fermentation avec de l’urine….
Revenons à la botanique : l’Isatis tinctorial est une plante bisannuelle ou pérenne qui ne fleurit pas la 1ère année (rosette de feuilles basales pétiolées), de la famille des crucifères. Elle n’est pas sensible aux maladies, ni aux parasites.
A vous de voir si vous l’acceptez au jardin !                                                                    Texte : Renée 

Isatis tinctoria 1ère année
Isatis tinctoria pastel

dimanche 12 avril 2020

jeudi 26 mars 2020

CRISE SANITAIRE


En raison de la crise sanitaire liée au Covid-19 et du confinement nécessaire pour éviter la propagation du virus, nos activités sont naturellement suspendues jusqu'à une date indéterminée pour l'instant.
Nous vous espérons tous en bonne santé. Surtout prenez soin de vous et de vos proches. Restez chez vous en attendant des jours meilleurs.
Bien amicalement.

dimanche 22 mars 2020

CONFERENCE DU SAMEDI 7 MARS 2020

« L’évolution urbaine au Moyen-Age, l’exemple de 2 villes Provençales proches :
 Aubagne et Gardanne » 
 par Dominique BERTHOUT


Nous étions 26 personnes pour cette conférence. 
Dominique Berthout est un archéologue dont le travail consiste en la recherche et l'identification des vestiges archéologiques dans le bâti. Cette science permet aux administrateurs locaux actuels de mieux gérer, conserver et faire connaître leur patrimoine. 
Les deux villes de Gardanne et d' Aubagne se sont développées au moyen-âge ( 7e, 8e et 9e siècle) autour d'un espace castral situé en hauteur. L'habitat perché étant l'utilisation d'une défense naturelle avec une partie accessible protégée par un rempart.
Il n'existe pas de datation précise de la création de ces sites car il n'y a pas d'archives. Les dates que l'on trouve gravées sur les pierres témoignent d'une existence antérieure non connue. 
En 1620, pour renforcer le pouvoir central (du roi)  et lutter contre la noblesse,  Richelieu décide du démantèlement des remparts et parfois des châteaux. C'est souvent une des raisons de l'absence de vestiges bâtis dont on peut seulement repérer  les pierres taillées réutilisées dans des constructions plus récentes.
A Gardanne le castrum était situé sur un plateau calcaire entouré par un cours d'eau qui constituait un fossé naturel. Une rue dénommée « Montée du castrum »  rappelle son existence.

Le clocher existant date du XVIIIe s. il a été bâti sur l'emplacement du clocher médiéval. 
Plusieurs remparts se sont succédés :
Le rempart castral où se trouve le pouvoir spirituel – l'église et le pouvoir temporel- le château.
Le rempart villageois a ensuite été érigé autour des premières habitations. L'alignement actuel des rues de la vieille ville permettent de situer le rempart castral, puis le rempart villageois.
Plus tardivement, un troisième rempart a été construit après l'agrandissement du village. Ce 3e rempart avait pour vocation d'empêcher l'entrée des voleurs et de contrôler et taxer la circulation des marchandises ( octroi) c'était un rempart de police.
Traces actuelles encore visibles  de ce passé moyenâgeux  et leurs caractéristiques architecturales :
·       Pierres taillées d'assez grande taille réutilisées dans de simples murs de soutènement actuels avec d'autres pierres non taillées et bâti irrégulier. Les pans de rempart du moyen âge sont bâtis avec de belles pierres bien taillée et bien alignées. Les construction ultérieures sont de facture plus grossière.
·       Bossage des pierres d'angle du rempart du XIIIe s. Hypothèse de technique pour dévier les projectiles et protéger cette partie plus vulnérable du rempart.
·       Arc de décharge
·       Meurtrières
La ville d'Aubagne s'est développée de façon différente car son territoire est marécageux. A l'époque romaine il n'y a pas d'agglomération mais des villas installées sur les hauteurs qui forment un triangle allant de Gemenos ( locus Gargarius), à Aubagne et Pont de l'Etoile.
A Aubagne, sur les terres rouges très meubles le château a été abandonné au XV e siècle car devenu dangereux, son emplacement s'est effondré ( actuel parking en hauteur des « Terres rouges »), un tiers de l'espace du castrum a donc disparu.
L'église St Sauveur a été bâtie sur l'emplacement de l'église moyenâgeuse. On peut voir des meurtrières sur la façade du presbytère : c'est une partie du rempart castral.
L'actuelle tour de l'horloge est située sur l'emplacement d'une tour du rempart du XIVe s. .
Au XVe s. le seigneur de Gémenos Charles de Castillon baron d'Aubagne, a souhaité déplacer le village de Gémenos établi alors à St Jean de Garguier. Les terres convoitées étant marécageuses, il a fait appel à un ingénieur hollandais spécialiste de l'assèchement des marais qui a fait creuser des drains et fait ôter les alluvions accumulés par le Fauge. L'eau sera drainée vers l'Huveaune.
C'est d'abord le centre actuel de Gémenos qui a été asséché.
C'est seulement à la fin du XVIIIe s que l'emplacement du centre commercial d'Aubagne-Gémenos le sera à son tour.
Notre conférencier nous a montré ensuite de nombreuses illustrations d'un passé beaucoup plus récent, qui lui a permis d'évoquer la vie industrielle de la ville d'Aubagne des XIXe et XXe s.

Texte : Renée et Sylviane   Photos : Rémy
Pour en savoir plus sur le château seigneurial d' Aubagne"  :


samedi 29 février 2020

AGNIS LA MONTAGNE DES TROUPEAUX le lundi 24 février 2020

Cette sortie, prévue le lundi 17 a été reportée au 24 février à cause de la météo et grand bien nous en a pris car ce 24 février le temps était chaud et ensoleillé.
Nous étions 26 personnes pour cette randonnée qui nous a conduits sur le plateau d'Agnis.
Partis de la Roquebrussanne, nous avons emprunté un chemin dans vallon de Valescure .
Après une bonne montée, nous avons fait halte devant un ancien four à chaux où notre guide a évoqué la fabrication de cette matière précieuse utile à la construction mais aussi à l'amendement des sols. 
Four à chaux
Les restes de voie caladée (empierrée) que nous avons observés dans le vallon témoignent du nécessaire transport de la chaux vive obtenue après « cuisson ». Cette chaux vive était acheminée, chargée sur des charretons jusqu'au point d'eau pour la transformer en chaux éteinte utilisable.
Notre chemin est devenu plus escarpé, nous offrant de magnifiques vues sur la chaîne des Alpes enneigées.
Nous avons longé un vaste enclos électrifié et au sommet avons découvert le grand troupeau de chèvres et leurs bergers regroupés autour des abris et de la plateforme mobile de traite.
Le fromage fabriqué est vendu en AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne). 
Notre guide nous a conduit, à quelques pas de là, jusqu'à une grotte de berger, vaste abri naturel accolé à ce qui servait de parc aux bestiaux.

 La clôture utilisant, en partie, le relief existant complété par des murets de pierre sèche, avec un « contadou » c'est à dire une entrée longue et étroite, en couloir, par laquelle les bêtes passaient une à une devant le berger qui pouvait les compter et  examiner leur état de santé.


Pour le pique-nique, c'est le jas d'Agnis qui nous a accueillis.








Après ce repos bien mérité nous avons pris le chemin du retour, retrouvant un peu plus bas le vallon de Valescure tout parsemé de crocus fleuris.
Nous avons pu observer une retenue d'eau de pluie utilisant la pente du rocher formant cuvette grâce à un petit muret construit.


Une bien belle promenade avec un temps et une température douce de printemps.
Texte : Sylviane   Photos : Monique

mardi 4 février 2020

SORTIE DU JEUDI 23 JANVIER : LA VIEILLE CHARITE à MARSEILLE

 Nous étions six au départ du parking François Roubaud pour nous rendre à Marseille.
Après avoir déambulé dans les rues pittoresques du quartier du Panier, nous nous sommes dirigés vers la Vieille Charité où se tenait l'exposition « Par hasard » que nous allons découvrir.
Nous avons pu appréhender les différentes techniques expérimentées par des artistes. Rien n'est plus naturel que de laisser le « hasard » opérer dans une œuvre d'art. Ce hasard, différents artistes l'ont utilisé.
Du « papier déchiré » de Jean Arp au « frottage » de Max Ernst en passant par les « compressions » de César, la « poubelle » de Arman, les « tirs » de Niki de Saint Phalle, etc...
Nous avons pu admirer de nombreuses productions.
Cette exposition s'est avérée très intéressante, sans doute aussi grâce aux explications très claires de notre guide qui a su nous faire apprécier les œuvres de tous ces artistes.

Sur le quai de la Joliette nous avons été surpris par une bien curieuse sculpture.

Texte : Régine   Photos : J.Claude, Dominique


Compression : César


Galerie
Dés et pixels nommés

Spoerri Daniel

Masques mexicains

Chance

Statue